L’objectif et la simplicité

Un match de Blood Bowl se construit à coups de séquences, de répétitions, de similarités et de probabilités. C’est ce qui nous permet de prédire approximativement si l’atteinte d’un objectif est probable avant même d’avoir joué notre tour de jeu. Toutefois, lorsque le hasard ou l’humain insère un accroc dans ces constantes, il peut résulter une réalité bien loin de ce qui était anticipé. C’est pourquoi, pour éviter de dévier de ses objectifs de jeu, un coach doit jouer le plus simplement possible… mais, si les règles du jeu sont simples, faire simple est compliqué. 

L’objectif

La tâche d’un coach de Blood Bowl est plus complexe qu’elle n’y paraît car il doit diviser ses ressources limitées entre d’innombrables objectifs possibles. Le principe de l’objectif explique largement pourquoi les coachs débutants galèrent face à une opposition sérieuse car il y a peu de choix tactiques plus défavorables que d’envoyer siphonner ses forces sur plusieurs fragments d’objectifs.

Objectif = Unité des efforts

À Blood Bowl, il est critique d’appliquer ses maigres ressources en joueurs et en compétences là où elles feront le plus de différence. Les diriger vers un objectif clairement articulé permet de profiter d’une meilleure unité des efforts. L’unité des efforts est une notion essentielle aux coachs de Blood Bowl et leur habileté peut largement être mesurée par leur capacité à en tirer profit. Lorsqu’on se retrouve dans un sérieux pétrin, il devient vital d’unifier les efforts de ses troupes afin de multiplier leur efficacité et de rétablir l’équilibre des forces.

Unité des efforts = Multiplicateur d’efficacité

Un multiplicateur d’efficacité est un avantage (ou mieux encore, une combinaison d’avantages) qui rend une équipe plus efficace qu’une autre similaire sans ce multiplicateur. Lorsqu’on unifie nos efforts vers un objectif clairement défini, on multiplie l’efficacité de notre groupe de joueurs. Si, en plus, on converge d’autres multiplicateurs d’efficacité du jeu vers cet objectif unique, on est solidement en business. Si notre adversaire ne parvient pas à jouer du levier autant que nous, il se retrouve alors face à un raz-de-marée.

D’autres multiplicateurs d’efficacité communs à Blood Bowl.

La force de frappe

La force de frappe d’une équipe résulte d’un mélange entre la force respective des joueurs et leur nombre sur le terrain. Plus l’avantage en force de frappe est marqué et plus une équipe peut faire bobo sans se faire blesser. Ceci est à l’origine de l’effet « boule de neige » typique à Blood Bowl (plus une équipe subit de sorties et plus les suivantes surviennent à une vitesse exponentielle). Bref, diriger son avantage en force de frappe vers un objectif clairement défini est un multiplicateur d’efficacité majeur. Mieux encore si, ce faisant, on annihile un multiplicateur d’efficacité adverse (par exemple : en limitant la mobilité par un positionnement astucieux, en nuisant au synchronisme ou en éliminant des joueurs clefs)

La mobilité

La mobilité d’une équipe est un amalgame d’agilité et de mouvement. Converger toute sa mobilité vers l’atteinte d’un objectif précis est un multiplicateur d’efficacité. Tout comme la force de frappe, c’est encore mieux encore si, ce faisant, on annule un multiplicateur d’efficacité adverse.

Trois scénarios très simplistes démontrant ce multiplicateur d’efficacité

Scénario moche : Un seul joueur mobile peut récupérer un ballon perdu et le passer à… personne.
Scénario mieux : Deux joueurs mobiles peuvent récupérer un ballon perdu, le passer, le réceptionner et courir hors d’atteinte de la moitié de l’équipe adverse.
Scénario multiplié : Une équipe mobile peut récupérer un ballon perdu, le passer, le réceptionner, courir hors d’atteinte de la moitié de l’équipe adverse et déployer un filet de joueurs pour contrer la moitié restante.

Le synchronisme

Un groupe de joueurs agissant avec synchronisme peut appliquer beaucoup de poids sur un adversaire disposant de ressources similaires moins bien organisées. Une équipe au synchronisme bien huilé peut être plus efficace que la réactivé de l’adversaire à la désorganiser.

La composition de l’équipe

Lors d’un match de Blood Bowl, être à la tête de la composition d’équipe la plus efficiente peut aussi être un puissant multiplicateur d’efficacité. Ceci dit, cette efficience va varier en fonction de l’adversaire affronté. Savoir reconnaître si notre composition d’équipe nous avantage est une science inexacte. Pour y arriver, les coachs expérimentés utilisent un mélange de rationnel et de gut feelings (traduction libre : émotivité intestinale).

La combativité du coach

Garder le moral, tout spécialement lorsqu’on fait face à des difficultés, peut avoir des répercussions sur le terrain. Napoléon est bien connu pour son commentaire « La force morale plus que le nombre décide de la victoire ». La combativité d’un coach et sa persévérance à atteindre ses objectifs est un multiplicateur d’efficacité important.

La simplicité

La simplicité est la qualité de faire simple. Pas « faire simple » dans le sens de paraître stupide, bien sûr… mais plutôt dans le sens d’être sans ambiguïté.

J’aimerais tout de suite déboulonner un mythe. À Blood Bowl, être un « bon » coach ne signifie pas être capable de sortir de son chapeau un nombre infini de lapins. C’est tout le contraire. Être un « bon » coach, c’est jongler habilement avec le ratio simplicité versus efficacité. C’est trouver une solution à 2+ alors qu’un autre coach le ferait à 3+. Bref, c’est astucieusement rouler des séquences de jets de dés moins complexes que son voisin. Même si un « bon » coach ne rejette pas systématiquement l’alambiqué (et s’y adonne volontiers lorsque c’est approprié), en règle de pouce, meilleur on est et moins on joue de l’alambic.

Blood Bowl permet l’utilisation d’un large éventail de tactiques qui rend le jeu très complexe. Le principe de simplicité requiert d’éviter ce qui est tarabiscoté lors de la planification et de l’exécution d’un tour de jeu. Un coach doit s’assurer que son plan est aussi simple et direct que le permet l’objectif. Un plan simple monopolise moins de ressources et permet à un coach d’être créatif en lui laissant davantage de marge de manoeuvre pour consolider la nouvelle situation de jeu anticipée. L’uniformité dans le choix des compétences, une doctrine d’équipe limpide et familière ainsi qu’une solide expérience du jeu peuvent aussi aider à atteindre la simplicité.

Simple = Atteignable

Par exemple, un coach peut se fixer l’objectif de voler le ballon et de compter un touché sur son engagement défensif. Ça n’est pas nécessairement mauvais. Toutefois, s’il rate son coup suite à sa gourmandise, il peut se prendre une défaite après s’être retrouvé hors position, sans relances et sans son meilleur joueur. Se fixer des objectifs atteignables est de nature à améliorer la constance d’un coach. Pour facilement reconnaître ce qui est atteignable, il faut bien connaître son équipe et savoir ce qu’elle peut réaliser avec une chance ordinaire aux dés.

Chaque match est différent. Ce qui est un objectif atteignable varie selon les situations de jeu et le temps restant à l’engagement. Par exemple, si un coach a comme objectif de concéder un touché, il doit unifier ses efforts dès le début de l’engagement car cet objectif devient de moins en moins pertinent à mesure que le temps de jeu se réduit.

Napoléon a aussi dit : « N’ira pas loin celui qui sait d’avance où il veut aller ». Si votre adversaire échoue quelque chose d’important ou que vous profitez de bons dés, ce peut être le moment de réviser à la hausse ce qui est atteignable pour cet engagement. Est-il possible de blitzer le porteur de ballon ? Le ballon est libre, est-il possible d’aller compter ? Est-ce que j’ai sorti suffisamment de joueurs pour empêcher le touché ?

À d’autres moments, votre équipe va avaler la tasse et il vous faudra réviser à la baisse ce qui est atteignable. Devez-vous maintenant concéder l’engagement et préserver vos forces ? Il arrive qu’une équipe revienne dans le match et c’est pourquoi il ne faut pas gaspiller ses ressources sur des actions risquées inutiles. Généralement, les objectifs sont plus atteignables lorsqu’on dispose de suffisamment de joueurs.

Statistiquement…

Il est bon de se rappeler que la simplicité n’est pas nécessairement l’antithèse de la complexité. Par exemple, quatre jets d’esquive à 2+ avec relance ont davantage de chances de succès qu’une seule esquive à 4+ sans relance. Une séquence complexe peut parfois être la plus simple à réaliser. Sans surprise, une étude approfondie du tableau des probabilités est chaudement recommandée à tous les coachs désirant être compétitifs.

***

Se doter d’objectifs clairs vers lesquels converger multiplie déjà l’efficacité de vos joueurs. Ajouter d’autres multiplicateurs d’efficacité à votre formule de jeu peut vous rapprocher de l’invincibilité. Si, en plus, vos matchs sont constamment joués le plus simplement possible, vos adversaires vont se demander pourquoi vos dés en feu ne vous brûlent pas les doigts… mais vous, vous saurez que c’est parce que votre génie est intangible.

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