Offensives et manoeuvres

Chaque coach de blood bowl ne peut qu’envoyer onze joueurs sur le terrain pour disputer la posession du ballon. Évidemment, ce nombre de joueurs est tout juste insuffisant pour fermer à clef le terrain à l’adversaire. C’est ce qui explique pourquoi les efforts défensifs sont souvent des affaires brèves et chancelantes à Blood Bowl. C’est aussi la raison pour laquelle nous devons tous nous limiter, dans la mesure du possible, à des manoeuvres offensives si nous voulons remporter nos matchs.

Look Sharp, Be Sharp, Go Forward ! … et God Save the Queen !

L’offensive

Depuis la nuit des temps, on entend dire qu’un match de blood bowl se gagne à la défensive. C’est encore et toujours vrai. Toutefois, c’est en prenant cette affirmation un peu trop au pied de la lettre que beaucoup de coachs se prennent les pieds dans le tapis. Si déployer une défensive hermétique devant une cage ou sa zone d’en-but peut fonctionner quand les astres sont bien alignés, il est souvent plus approprié d’utiliser son engagement défensif pour carrément disputer le rôle offensif. Hormis les exceptions qui font la règle, les meilleures défensives sont … offensives.

Être à l’offensive, c’est être en contrôle de l’engagement

Par défaut, le rôle offensif revient à l’équipe recevant le coup d’envoi car c’est elle qui manoeuvre en premier. Cette initiative procurée par la réception du ballon est toutefois fragile par la faute à un positionnement de joueurs épars ayant dû tenir compte des multiples possibilités de botté du ballon. C’est pourquoi chaque coach doit jouer ce premier tour de jeu avec tact et doigté car le risque est grand que l’offensive avorte et transite en une situation de jeu défensive qui octroiera beaucoup moins de contrôle sur la suite de l’engagement.

Le meilleur moment pour défaire une offensive est avant même qu’elle ne se coordonne, après quoi, la tâche devient beaucoup plus difficile.

Contrôler le jeu requiert l’implication totale de ses joueurs. Quand on est à l’offensive, on ne l’est pas à moitié, sinon c’est tout comme partir à la guerre avec la moitié de ses troupes – celles envoyées au front se font massacrer pendant que les autres regardent, impuissantes. Être en contrôle requiert principalement de la mobilité sans laquelle on peut perdre sa capacité à dicter le jeu et à menacer le ballon. Une équipe immobilisée est souvent une équipe sur la défensive … et bien assez tôt à la défensive.

En prime, une équipe faisant face à une offensive mobile et contrôlante est souvent en de moins bonnes dispositions pour cogner avec force puisqu’elle est plutôt concentrée à tenter de réduire le momentum offensif de l’équipe adverse. En conséquent, l’offensive est l’une des meilleures protections dont les joueurs peuvent bénéficier. Cette protection supplémentaire explique pourquoi, lorsque le tempo le permet, un coach en contrôle d’un engagement ne doit pas être pressé d’y mettre un terme en comptant un touché.

Les équipes peinant à survivre ou à se développer correctement passent souvent beaucoup trop de temps de jeu en défensive.

Les manoeuvres

L’idée d’utiliser le mouvement pour déséquilibrer l’équipe adverse est une stratégie aussi vieille que le blood bowl lui-même. De fait, une manoeuvre bien exécutée peut apporter la victoire plus efficacement qu’en envoyant simplement ses joueurs au contact de l’adversaire dans le but de les blesser. En lieu, les manoeuvres visent non seulement la neutralisation des joueurs clés de l’adversaire, mais aussi l’isolation de ses ressources et l’exploitation par le mouvement de ses faiblesses.

Les manoeuvres sont ordonnées ci-bas par niveaux de coaching.

ATTENTION : les graphiques cherchent à véhiculer des concepts. Bien mal chié sera le coach qui positionnera ses joueurs exactement comme dans les graphiques ci-bas !!!

Niveau débutant

La première manoeuvre offensive que chaque coach acquiert instinctivement consiste à concentrer la totalité de ses joueurs sur un flanc afin d’y avancer en masse. C’est la vaillante offensive en motton qu’on observe généralement en train de jouer des poings le long de la ligne de côté.

Imaginez ce scénario simpliste.
Deux équipes de forces parfaitement égales se font face. Maintenant, visualisez une ligne défensive aux joueurs déployés sur toute sa longueur. Face à cette défensive, il semble logique de chercher à la fracasser en concentrant la totalité de ses joueurs sur un flanc.

Blood Bowl Rookie Manoeuver

L’ennui est que face à un coach expérimenté, cette manoeuvre primaire a peu de chances de succès car votre adversaire n’a qu’à renforcer le point de concentration avec ses propres joueurs mobiles … et vous voilà maintenant embouteillé sur le bord du terrain. Hors, nous savons qu’une équipe immobilisée est souvent une équipe sur la défensive.

Niveau expérimenté

Heureusement, cette manoeuvre de débutant n’a pas tout faux et un coach expérimenté peut facilement l’améliorer en y ajoutant de la profondeur. En ajoutant un deuxième niveau de complexité à cette manoeuvre, les ressources utilisées par la défensive pour gérer cette complexité additionnelle vont l’affaiblir contre la menace principale. En contraste, une unique menace renforce la défensive car les efforts qu’elle déploie pour la contrer risquent d’être encore efficaces aux tours de jeu suivants.

Revisitons le scénario précédent.
Deux équipes de forces parfaitement égales se font face. Maintenant, visualisez une ligne défensive aux joueurs également déployés sur sa longueur. Hypothétiquement, il est possible de fracasser cette défensive en concentrant la quasi totalité d’une équipe sur un flanc pendant que quelques joueurs fixent le reste de la ligne.

Blood Bowl Experienced Manoeuver

À Blood Bowl, le succès d’une offensive rime souvent avec une supériorité numérique locale massive. L’idée est que cette concentration de joueurs va créer une disparité de force telle qu’elle agira comme un multiplicateur en faveur de l’offensive qui dispose pourtant du même nombre de joueurs que la défensive. Pour obtenir cette supériorité locale – souvent sur un flanc – un coach doit affaiblir une partie de sa ligne offensive. La section affaiblie a ensuite comme mission de fixer un maximum de joueurs adverses afin de fournir une protection à l’offensive car, à défaut, la défensive n’a qu’à affaiblir sa propre ligne pour renforcer le point de concentration.

Blood Bowl Experienced Manoeuver

Ensuite, la manoeuvre génère une diagonale; le secteur faible est repoussé à coups de PUSHs et de POWs pendant que le point de concentration déborde l’équipe adverse. Une fois la percée sécurisée, l’offensive peut soit compter son touché si elle est pressée par le temps, ou rouler sa supériorité numérique locale vers le centre du terrain pour, avec un peu de chance, se gruger un avantage aux sorties.

Il y a toutefois des dangers à cette manoeuvre, principalement que la défensive isole le point de percée de ses joueurs de soutien, ce qui risquerait soit d’embouteiller l’offensive sur le bord du terrain ou de forcer un touché possiblement trop rapide. Aussi, cette manoeuvre requiert d’investir énormément de ressources sur un unique point de concentration et il peut parfois être difficile de changer de plan en cours d’exécution. Finalement, cette manoeuvre requiert du synchronisme et l’adversaire n’a qu’à générer du chaos pour éviter de la voir se matérialiser.

Revenons à notre scénario.
Imaginons maintenant que, dans le but de contrer une offensive concentrée, la ligne défensive est ancrée sur la largeur complète du terrain et répartie en 5 colonnes profondes de deux joueurs, de manière à ce que chaque portion de la ligne défensive ne soit tenue que par un seul joueur et sa zone de tacle.

Blood Bowl Veteran Manoeuver

Niveau VÉTÉRAN

Au blood bowl, il est traditionnellement accepté qu’une défensive en colonnes bien pourvue a l’avantage sur l’offensive, même si celle-ci manoeuvre ses onze joueurs sur un seul point de concentration. En d’autres mots, cinq joueurs couvrant la largeur du terrain parviendraient à retenir le double de leur nombre, à la condition de profiter d’un rang de profondeur passif égal au rang de front. En supposant que l’armure, les esquives et les blocages n’engendrent pas de turnovers ou de pertes, un déploiement défensif de ce type a des chances raisonnables d’étouffer tout effort offensif.

Poursuivons notre scénario.
Toutefois, plus le temps de jeu se réduit et plus l’avantage glisse de la défensive vers l’offensive car l’attrition rapproche la défensive de son point de rupture. Les défenseurs ayant sacrifié leur réactivité afin de tenir la ligne, l’attaquant peut maintenant choisir où et quand concentrer ses meilleurs joueurs afin d’exercer une force bien plus grande que s’il les avaient dispersés sur le terrain.

Niveau CHAMPION

Concentrer ses meilleurs joueurs requiert de la mobilité pour se concentrer rapidement, et un minimum de force pour être efficace une fois concentré. L’idée est d’utiliser ses joueurs élites en des engagements successifs contre de petits groupes défensifs plutôt que d’engager la défensive au complet d’un seul grand geste. Ceci a pour effet d’exposer le coach et son équipe à plusieurs petits risques continus, plutôt qu’à un unique grand risque.

Le tout ou rien n’est pas de nature à stabiliser le rendement d’un coach sur plusieurs matchs. Après tout, il n’est pas sage de jouer son destin à pile ou face ! À la place, un coach est mieux de créer des situations de jeu lui présentant des séries de risques mineurs qu’il pourra avantageusement résoudre en y concentrant ses meilleurs joueurs.

Cette concentration des meilleurs joueurs est aussi utile pour exploiter les faiblesses offertes par l’équipe adverse (esquive foirée, erreur de positionnement, blessure opportune, etc). La concentration de cette force de frappe élite sur une faiblesse est alors optimale. La manoeuvre est répétée aussi souvent que possible.

EXEMPLES DE FAIBLESSES

  • Un déploiement trop étalé et pas assez profond
  • Un déploiement divisé de chaque côté de l’offensive
  • Un adversaire sans blitzeurs mobiles élites
  • Un adversaire en désavantage de force marqué
  • Un adversaire jouant cul sec (sans relances)
  • Un turnover malencontreux

Éléments facilitants

  • Une offensive plus mobile que la capacité de la défensive à réagir
  • Un coach plus efficient et créatif que son adversaire pour engendrer et résoudre des situations de jeu

Niveau légendaire

Finissons notre scénario.
Dans notre scénario, aucun coach légendaire ne voudrait du rôle défensif – à moins d’y être contraint. De fait, il est plus probable que le rôle offensif serait âprement disputé à grands coups de créativité; chaque coach s’efforçant de combiner le plus efficacement possible l’ensemble des manoeuvres ci-haut et leurs nombreuses déclinaisons.

Par exemple, quelques trois-quarts pourraient être déployés en une courte section de colonnes fermant à clef une portion du terrain pendant qu’une concentration de joueurs manoeuvreraient une percée sur une aile. Au même moment, quelques bloqueurs fixeraient des joueurs-clef pour protéger la percée pendant que les blitzeurs élites s’efforceraient au mieux d’exploiter les faiblesses de l’adversaire.

Conclusion

Devant ce nouvel équilibre des forces, d’autres considérations offensives entrent alors en jeu pour forcer la main des coachs vers la conclusion de l’engagement. De telles considérations peuvent être en relation avec, par exemple, le temps de jeu restant ou avec la nécessité de défendre à tout prix un match nul. C’est ici que le blood bowl devient très teinté par le style de jeu de chaque coach car les intentions, objectifs et choix de jeux sont souvent une question de préférences personnelles … et tous les goûts sont dans la nature !

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