Pourquoi joue-t-on mieux contre un bon adversaire ?

Vous avez probablement déjà expérimenté ce phénomène: quand vous respectez le coach assis en face de vous, vous élevez naturellement votre niveau de jeu. Mais pourquoi ?

Le développement de chaque coach suit souvent une progression très standard dans le monde du blood bowl. Nous démarrons tous notre carrière en tentant les jeux les plus crétins parce que, euh… on ne sait pas faire autrement. Au fil des déculottées, on gagne en habileté et transitons vers un style de coaching conservateur visant à minimiser notre prise de risques tout en maximisant celle de nos adversaires. Une fois ce niveau (parfois très ronflant) dépassé, on s’empli d’une divine sagesse infinie qui nous inspire à nouveau des folies, à la différence qu’on sait maintenant pourquoi on s’y adonne !

Par exemple, on va parfois observer un coach légendaire jouer volontairement tout croche face à un débutant car il a saisi qu’il va gagner plus de matchs de cette manière. S’il défendait en colonnes bien proprettes en laissant son adversaire faire sa cage et profiter d’un maigre blitz par tour, bien… dans cette situation-là, à peu près tout le monde va arriver à correctement lire le jeu. Il minimise alors son risque pour lui… bref, il joue le match pour lui. Il lui suffit ensuite d’encaisser une mauvaise sortie et de subir un « snake » mal placé pour être dans de beaux draps, exactement comme il le serait face à une autre grande pointure.

Il n’est pas vrai qu’un bon coach doit tout le temps être prévisible et jouer conservateur. S’il reprend le scénario ci-haut et qu’il choisit plutôt d’enchaîner les folies*, mais de manière plus méthodique qu’à ses débuts, son adversaire débutant aura à prendre davantage de décisions. Les chances sont grandes alors qu’il se pourrisse exponentiellement à coups de mauvais choix parce qu’au blood bowl, le nombre de mauvaises décisions qu’on peut prendre est presque infini.

Il arrive régulièrement qu’un coach traditionnellement chancelant se mette soudainement à bien jouer contre un adversaire de qualité. Peut-être que ses options de jeux sont tellement réduites qu’il ne lui en reste que des bonnes ? Peut-être que son attitude face aux risques est influencée par celle du coach d’en face ? Peut-être qu’il aborde le match comme un « test » qui demande davantage de sérieux ? Peut-être qu’il y a la soudaine réalisation que de tenter des choses rigolotes va résulter en un très triste rouleau-compressage à sec ?

Au final, c’est peut-être ce qui explique ce phénomène; on joue mieux face à un coach compétent parce que les situations de jeu sont plus « lisibles »… et que notre homologue d’en face est davantage sous pression en devant parer à l’avance toutes les crétineries qu’on pourrait tenter.

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*Toutefois, j’avoue qu’il y a toujours un petit malaise à enchaîner les « all ins », aussi habiles soient-ils, parce qu’on tend à ruminer toute sa carrière la première fois où on s’est fait dépuceler sur un jeu du genre.

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