Mon succès est une malédiction

Chronique 1
Transcrite par son gobelin scribe, Ian H. McKinley.
Traduit de l’anglais par les Scribouillettes.

C’est un lourd fardeau mais je le porte. C’est un poids sur mes épaules mais aussi une bête qui me poursuit. C’est un élixir qui me donne de l’énergie et des chaînes qui me retiennent.

Voici comment c’est d’être Gorn N’hleg.

Ouais, je ne suis pas un orque comme les autres. Pour commencer, je suis instruit. Ben … je ne sais pas vraiment grater un parchemin avec une plume de cacatoès trempée dans le sang de mes enemies, mais capturer un esclave qui pourrait me servir de scribe n’est pas au-delà de mes compétences ou de mes ambitions. Et j’ai compris qu’on ne peut pas les garder comme esclaves très longtemps ou ce qu’ils écrivent n’est pas ce qu’on voulait dire. Je l’ai appris à mes dépens lorsque mon anthologie de poésie du champ de bataille a été transcrite par exprès en recette de tarte aux pommes flatulente.

J’ai deux scribes maintenant et je les traite très bien. Ouais, ce sont les gobelins les plus chouchoutés en ville. Lits avec matelas en plumes d’oies, boissons, bouffe, pas mal de violence gratuite, une meute d’amis avec qui ils peuvent partager la violence en question. Ouais. Chouchoutés. Mais je les garde séparés. Ben, les gobelins sont tous des petits salauds rusés. Les gobelins scribes sont les pires des pires. Si tu les laisses comploter entre eux, c’est certain qu’ils trouveront une façon de ruiner ta littérature. Alors, je les garde loin l’un de l’autre. Et là, j’en laisse un grater avec la plume de cacatoès pendant que l’autre me lit ce que le premier a écrit. Comme ça, je sais qu’ils ne me niaisent pas. 

Ben … en plus d’être instruit, je suis aussi un bon coach de blood bowl, une autre raison pour laquelle je ne suis pas un orque comme les autres. On m’a engagé comme entraîneur-chef du ROUGE et Orque de la prestigieuse ligue la Kasse Gueule, et je les ai menés directement au championnat. Suite à un changement de propriétaires qui ont déménagé l’équipe, j’ai dû la reconstruire plus d’une fois, mais je l’ai toujours rendue dure et compétitive. Plus récemment, je l’ai emmenée à la finale de la Brique commémorative de Thrunk.

Mais un autre défi s’est présenté et … mes scribes me disent que le bon mot à utiliser ici est conséquemment … alors conséquemment cette chronique, ma première du genre mais pas ma dernière. J’en dirai plus là-dessus tantôt. En tous cas, voici le nouveau défi : les orques noirs.

Ben, ça m’a toujours enragé que les propriétaires refusaient de me laisser bâtir une équipe dont les Ultras seraient fiers, et qu’ils voudraient aller voir jouer. Les Ultras – les fans purs et durs – sont le vrai cœur d’une équipe d’orques et ne laissez personne vous dire le contraire. Ils volent des pièces d’argent durement gagnées des mains de leurs victimes et ils n’obtiennent pas grand chose. S’ils choisissent de dépenser un peu de leur magot à supporter une équipe de blood bowl, c’est que cette équipe mérite leur dévotion. Est-ce qu’ils veulent vraiment voir un blitzeur prétentieux lancer un ballon au sol et se trémousser le cul au bout d’un terrain, ou, est-ce qu’ils veulent voir du sang et de la bave exploser des gueules des adversaires de leur équipe favorite?

Les propriétaires du ROUGE et Orque ne l’ont jamais compris … mais moi, oui, et ça fait longtemps ! Alors, quand l’un de mes meilleurs Gars m’a approché pour chialer là-dessus, j’ai pensé : Voici une occasion en or ! J’ai ramassé mes propres pièces d’or et j’ai fait appel à quelques Gars fidèles pour m’aider à en fournir plus, et Boum ! – voici un nouveau genre d’équipe d’orques.

J’ai réengagé certains des meilleurs Gars, les vrais durs de durs. Habituellement les orques noirs sont bons mais pas tant que ça. Ils ont grandi dans leurs tribus, tellement habitués à commander et à harceler les faibles, qu’ils n’ont jamais développé la bonne technique. Mais, le noyau du ROUGE et Orque en avait quelques-uns décents qui s’étaient améliorés sur le terrain de pratique. Bien sûr, ils savaient déjà que c’était bon d’égorger ses adversaires, mais ils avaient compris que ce n’était pas nécessaire de les jeter à terre là où ils les avaient pris par leur petit cou. On peut les déplacer là où c’est plus facile pour d’autres Gars de s’amuser avec. En plus, quand les victimes essayent de vous faire tomber avec elles, avoir une bonne technique aide à enfoncer leurs visages dans le gazon.

Mais engager des joueurs comme Killie Jefferz’n, Charlz’t’n Huuuz, et Mik Mangenain, ça coûte cher ça. Alors, il faut couper les coins un petit peu. Même si j’ai augmenté le nombre d’orques noirs de quatre à six, j’ai dû prendre des décisions difficiles ailleurs.

Et c’est là que Konvisse Yeux entre en jeu. C’est un vrai petit salaud sournoisement vicieux qui ne vit que pour mettre la botte … surtout aux adversaires qui se retrouvent à terre. J’adore ce petit crapaud !

En tous cas, il m’a proposé d’oublier les Blitzeurs et de remplir les trous dans la formation avec ses amis. Des gobelins !

Brillant !

Mesdames et Messiorques, je vous présente : Les Écrazeurs de la Basse-ville !

L’idée derrière cette nouvelle équipe de peaux-vertes était si intéressante que j’ai ensuite été contacté par une légende du blood bowl : Taureau Amiral. Ouain, lui-même. Le minotaure philosophe. Récemment j’ai ordonné à mes scribes de me lire à haute voix son œuvre, L’Art du Coaching … et j’en ai même compris des bouts. En tout cas, je dois reconnaître sa maîtrise du sport (c’est dans mon contrat, ça) et quand il m’a demandé de préparer une chronique de mon « périple personnel et professionnel » (quoi que ça veuille dire) d’entraîneur-chef de mon équipe d’orques noirs, comment est-ce que j’aurais pu refuser ?

Alors le voilà. Le contexte. La prochaine chronique portera sur la façon dont j’ai construit mon équipe et ses premiers succès.

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