L’Art du coaching

Il est très difficile d’écrire une théorie du blood bowl. Déjà, il y a vraiment peu de coachs qui ont une idée globale et cohérente du jeu. Ensuite, dans le feu de l’action d’un match, même les coachs légendaires se fient davantage à leur flair et à leur créativité qu’à des principes et méthodes. Tous les coachs légendaires dirigent leur équipe ainsi et c’est cette incroyable capacité à improviser qui leur permet de remporter des matchs.

Mais lorsqu’on ne dispute pas un match et qu’on tente d’enseigner l’art du coaching par écrit, il faut des idées claires et une logique. Et c’est parce que cet exercice est difficile que la majorité des articles relatifs au blood bowl se bornent à remâcher les mêmes quelques sujets faciles à digérer alors qu’ils ne sont qu’une petite part de ce qui fait la différence entre les succès des uns et les échecs des autres.

L’Art du coaching est une théorie visant à élever le niveau de discussion au-dessus de cette masse de médiocrité.

À noter que l’art du coaching est en construction, que ma réflexion est continue, et que davantage de points y sont ajoutés une fois de temps en temps.

Pourquoi est-ce un art ?

Une théorie est une chose et un art en est une autre. Ces deux concepts sont si différents qu’on ne saurait les confondre car la théorie est une forme de savoir alors que l’art est une forme de créativité.

Néanmoins, vous ne devriez pas être surpris que l’art du coaching puisse inclure une théorie car l’art commence là où le coach laisse tomber la théorie pour faire place à la créativité. Ou, si vous voulez, un coach savant mais pas créatif est aussi inefficient que son contraire. Il ressort de tout cela que même si la théorie est essentielle, l’acte de coacher est plus créatif que théorique et c’est pourquoi la terminologie d’art du coaching lui convient à merveille.


L’Art du coaching

1. Préambule

1. Des matchs de Blood Bowl seront disputés avec ou sans vous.

2. Focaliser sur les compétences des joueurs, coacher de manière agressive ou dépenser follement pour embaucher des joueurs vedettes ne suffit pas pour remporter des matchs avec régularité. Si vos compétences de coach ne sont pas à la hauteur, vous allez être submergé par vos pairs. Si vous coachez bêtement, vous seul vous affaiblirez.

3. Même si la chance semble souvent favoriser un coach par rapport à un autre, les coachs légendaires s’assurent que le terrain de jeu est incliné en leur faveur, garantissant ainsi que la première erreur ou malchance de leur adversaire sera fatale.

4. Il y a six domaines à maîtriser pour piper les dés en votre faveur.

  1. Vous-même
  2. Votre adversaire
  3. Les équipes
  4. Le terrain de jeu
  5. Les stratégies
  6. Les tactiques

11. Les équipes s’épanouissent ou se fanent en fonction de ce que leurs coachs comprennent réellement ou ne comprennent pas à chaque match.


2. Les Stratégies

26. Certains matchs sont gagnés ou perdus avant le premier coup de sifflet de l’arbitre. Même si un plan de match survit rarement à l’action sur le terrain, en avoir un prépare le coach à ce qu’il devra affronter.

27. La réaction de votre adversaire se dérobe naturellement à votre stratégie. La qualité de la réaction de votre adversaire dépend de cinq facteurs.

  1. Sa présence d’esprit
  2. Sa force de caractère
  3. Son savoir
  4. Sa créativité
  5. L’équilibre des forces sur le terrain

30. Une stratégie se déroule plus lentement qu’une tactique et laisse plus de temps pour douter. C’est pourquoi de la force de caractère est nécessaire pour la mener à terme.

35. La destruction de l’équipe adverse est la meilleure des stratégies. Le prix potentiel à payer est la raison pour laquelle d’autres stratégies sont envisagées et utilisées.


3. Les probabilités

1. Au blood bowl, une même situation de jeu complexe ne revient jamais. Sur le terrain, il n’y a pas de situation de jeu typique pouvant être résolue à l’aide d’une méthode ou d’un principe de coaching.

2. Les méthodes et principes de coaching sont indispensables à la théorie car le savoir ne peut se transmettre que lorsqu’il est rationalisé.

3. Un coaching solide est fondé sur la probabilité moyenne de situations de jeu similaires. L’application constante de cette probabilité moyenne renforce l’aptitude à tenter les bons jeux quasi inconsciemment.

4. Les méthodes et principes de coaching sont fondées sur cette probabilité moyenne. Elles sont utiles au coach à la condition qu’il garde à l’esprit qu’elles ne sont ni absolues, ni obligées.

5. Les tactiques offrent davantage de méthodes et de principes car c’est là où reviennent le plus souvent des situations de jeu similaires.

6. Éviter les all-ins face à plus fort que soi, passer le ballon le moins possible, préserver ses forces pour le moment charnière d’un match, sont quelques-un des nombreux exemples de principes qui ne sont pas absolus mais que vous devez garder à l’esprit pour les cas où ils seront valables.

7. C’est par la pratique continue des méthodes et principes de coaching qu’on acquiert l’habileté et l’assurance nécessaire pour bien coacher une équipe de blood bowl. C’est le lubrifiant d’un coaching bien huilé.

8. Les coachs légendaires mènent leur équipe d’une manière très subjective reflétant leur personnalité. Cette manière de conduire leur équipe ne convient pas toujours à la personnalité de celui qui imite.

12. Un échec sur le terrain découle rarement d’une cause simple, mais d’un amalgame complexe de causes et d’effets. Bien souvent, il faut remonter le cours des événements pour retrouver la source l’échec. Et même là ça n’est pas simple car cette source a souvent elle-même plusieurs autres sources.


4. Les Tactiques

1. Les bons coachs de blood bowl placent d’abord leur équipe au-delà de la possibilité d’une défaite, puis cherchent assidument l’opportunité de vaincre leur adversaire.

4. Vous pouvez être un excellent coach sans pour autant avoir gagné le match.

10. Rouler deux dés de blocage avec une escouade de Blocage et Garde n’est pas gage de grandeur. Compter un touché avec un receveur à la compétence Nerfs d’acier n’est pas gage de brillance. Avoir une bonne journée à coacher une équipe violente n’est pas gage d’excellence.


5. La Défensive

3. Celui dont les efforts défensifs durent une éternité verra ses joueurs tomber et son équipe éclater sous la pression. Le coach qui cherchera le confort en défensive verra son équipe éclater d’autant plus rapidement.


6. L’Offensive

4. N’allez pas au corps à corps contre une équipe plus forte, sauf si nécessaire. Sachez que le nombre de joueurs requis pour gagner la bataille vous empêchera de gagner la partie. Un coach avisé préserve la santé de ses joueurs et utilise leurs forces pour atteindre ses objectifs.

17. Ne vous contentez pas de faire « All In ».

  1. Choisissez les bons moments. Apprenez quand envoyer vos joueurs au corps-à-corps, quand préserver leur mobilité et quand tenter toutes les tactiques possibles entre ces deux extrêmes.
  2. Soyez pertinent. Même si votre équipes n’est ni la plus forte ni la plus agile sur le terrain, vous pouvez gagner. Utilisez les tactiques appropriées.
  3. Ayez des intentions réalistes. Des intentions réalistes et bien articulées concentrent vos efforts plutôt que de les gaspiller.
  4. Attachez votre tuque. Il y a peu de moments décisifs dans un match. Lorsque vous n’êtes pas dans l’un d’entre eux, vous devriez vous préparer pour le suivant. Échouer à se préparer, c’est se préparer à échouer.
  5. Soyez pleinement présent. Se fier à son instinct est insuffisant pour gagner avec régularité. Un coaching solide exige de la confiance en soi, une pleine conscience, de la curiosité, et beaucoup de minutie.

7. l’Agilité

6. Le nombre de tactiques à base d’agilité est aussi inépuisable que le carburant d’une tronçonneuse.

8. Il n’y a pas plus de quatre couleurs de snotlings (les minotaures ne voient que le jaune, le vert, le bleu et le violet), mais lorsqu’on en écrase quelques-uns ensemble, ils produisent une variété infinie de teintes.

9. Il n’y a pas plus de quatre points cardinaux, et pourtant un ogre peut douter à l’infini.


8. la Force

8. Un coach est habile à l’offensive lorsque ses adversaires ne savent pas où défendre; et il est habile à la défensive lorsque ses adversaires ne savent pas où attaquer.

29. Les tactiques sont comme un torrent de bière Bloodweiser dans son élément naturel, se déversant d’un baril surélevé et trouvant son chemin jusque dans votre bedon.

30. Donc, sur le terrain, la voie est d’éviter ce qui est fort et de s’attaquer à ce qui est faible.


9. les joueurs

9. Si tous vos joueurs mettent doublement le paquet, l’un d’entre eux sortira couché sur une civière et jusqu’à sept de ces joueurs atteindront l’objectif.

10. Si ces mêmes joueurs ne mettent pas le paquet vers ce même objectif, ils le rateront tous de peu.


10. Les coachs

1. Connais-toi toi-même pour renforcer ta défensive. Connais ton adversaire pour renforcer ton offensive. Connais les deux pour ne craindre aucun match. Connais aucun des deux pour perdre tous tes matchs.

4. Un coach qui comprend l’avantage qu’il y a à varier ses tactiques sait comment coacher son équipe.

7. Un coach n’est pas apte à diriger une équipe s’il ne connaît pas le blood bowl – ses règles et ses mécanismes, ses joueurs et leurs compétences.

10. Réduisez les habiletés d’un coach pessimiste en bloquant sans relâche ses joueurs; multipliez le nombre de décisions qu’il doit prendre; gardez son équipe constamment sous pression; préservez la mobilité de vos joueurs les plus tape-à-l’oeil et précipitez-les là où il va désespérer.

11. Ne vous fiez pas sur votre adversaire pour qu’il enlève ses joueurs de votre chemin, mais sur votre propre capacité à vous charger d’eux. Ne vous fiez pas sur votre adversaire pour qu’il évite d’impliquer ses joueurs à un endroit donné, mais plutôt sur votre propre capacité à les recevoir.

12. Les cinq vices les plus nuisibles à un coach sont:

  1. La témérité, qui conduit à une prise de risques excessive et à la destruction de l’équipe;
  2. Le pessimisme, qui conduit à douter de soi et à une vision déformée des probabilités;
  3. La hâte, qui conduit à un manque de préparation et d’intentions bien définies;
  4. L’orgueil, qui conduit à la honte de perdre et à la crainte d’affronter de meilleurs coachs que soi; et,
  5. La paresse, qui conduit au gaspillage des ressources et à s’appuyer excessivement sur les compétences des meilleurs joueurs.

16. Rien ne décuple autant la force de caractère et la présence d’esprit que la soif de gagner.

17. L’abus de cette soif engendre les plus grandes incivilités entre coachs.

18. Néanmoins, cette soif confère à un coach son âme de compétiteur. C’est ce qui éveille en lui le désir de faire mieux que ses pairs, désir indispensable à un coaching exceptionnel. C’est l’aiguillon qui le stimule et prépare ses victoires.

24. Ne mélangez pas l’entêtement et la force de caractère. L’entêtement résiste à la logique alors que la force de caractère s’en nourrit.


11. Le coaching

6. Les défensives trop hermétiques empêchent votre adversaire de commettre une erreur. Vous jouez alors le match pour lui.

7. Le principe de réciprocité stipule d’offrir en cadeau une ouverture pour en recevoir une en retour. Assurez-vous toutefois que votre cadeau est le plus coûteux des deux à exploiter.

8. Lorsque votre adversaire vous laisse une ouverture, méfiez-vous du principe de réciprocité.

9. Lorsque vos joueurs doivent franchir des zones de tacle, votre seule préoccupation doit être qu’ils les franchissent le plus rapidement et le plus sûrement possible.

12. Si votre seul outil est un marteau, traitez tout comme si c’était un clou. En toutes autres circonstances, évitez les bagarres inutiles. Une équipe en santé est synonyme de victoire.

14. Quand une ligne défensive est campée solidement, il est sage de travailler à l’affaiblir avant de tenter de la traverser.

18. Si votre adversaire n’implique pas ses joueurs contre votre équipe, c’est qu’il se fie sur la force naturelle de son positionnement.

25. Lorsque les receveurs entrent en premier sur le terrain et prennent position sur une aile, méfiez-vous d’une percée localisée suivie d’un touché rapide.

26. Un coach qui affirme être faible sans présenter de preuves sur le terrain cherche à vous endormir.

29. Un coach avachit sur sa chaise a les capacités analytiques diminuées. C’est le moment de frapper fort.

31. Un coach voyant une situation avantageuse sur le terrain sans faire l’effort de l’exploiter a déjà perdu le match dans son esprit.

32. Un coach vocal est un coach nerveux qui s’attend à être débordé.

33. C’est de bon augure lorsque votre adversaire permute sans cesse ses joueurs avant le coup d’envoi du match.

35. Un positionnement éclaté est soit le signe d’un coach qui sait exactement ce qu’il fait ou pas du tout. Continuez prudemment d’observer.

36. Une exposition fréquente aux caprices de la chance est un signe que votre adversaire est au bout de ses ressources. Trop de malchance révèle que son équipe a atteint son point de rupture.

37. Un coach vantard qui fait silence après avoir pris connaissance de votre fiche d’équipe est de bon augure.

38. Quand un coach a de bons mots à votre égard, c’est un signe de gentillesse. Fraternisez, partagez, enseignez, apprenez, et grandissez.

39. Si le coach adverse semble confiant tout en évitant de compromettre directement ses joueurs sur le terrain, soyez vigilant et ne négligez aucun détail.

41. Un coach qui ne prépare pas son match éventuel contre vous et qui parle de vous à la légère est de bon augure.

42. Si vous vous opposez à un coach sur la ligne de touche avant de vous lier d’amitié avec lui, il dirigera son équipe avec plus d’ardeur qu’à l’habitude sur le terrain.

43. Par conséquent, les coachs doivent être traités humainement et opposés uniquement sur le terrain. C’est la voie à suivre pour remporter des matchs.

44. Si un coach confiant a de bons résultats de matchs, il sera respecté sur le terrain. S’il n’en a pas, il ne le sera pas.


12. Le Terrain

10. Posséder plus de force que l’équipe adverse est comme bénéficier d’une forteresse pouvant fermer à clef une portion du terrain. Un positionnement astucieux peut obliger votre adversaire à attaquer votre forteresse de front.

17. Lorsqu’un coach se concentre uniquement sur ses meilleurs joueurs, cela engendre une défaite. Les meilleures équipes gagnent grâce à l’action coordonnée de tous leurs joueurs.

18. Un coach qui n’a pas d’intentions claires n’est pas efficace à assigner des actions à ses joueurs. Son positionnement est à tous vents et il en résulte un chaos.

25. Vous allez vous faire ramasser si vous envoyez vos joueurs là où leurs opposants sont prêts à les recevoir.

26. Vous allez vous faire ramasser si vous n’envoyez pas vos joueurs là où leurs opposants ne sont pas prêts à les recevoir.

27. Vous allez vous faire ramasser une fois de plus si vous envoyez vos joueurs là où leurs opposants ne sont pas prêts à les recevoir et que vous n’avez aucune idée des probabilités du jeu.

30. Un commissaire qui a réellement à coeur ses coachs sera digne de confiance et suivi partout où il mènera.

31. Si le commissaire de ligue est indulgent mais impuissant à faire sentir son autorité, bienveillant mais incapable de prendre les choses en main pour assurer le bon fonctionnement de la ligue, et incapable de mettre un terme aux querelles: alors les coachs de la ligue se comporteront comme des enfants gâtés.


13. La créativité

9. Si vous faites une cage grandiose de tous vos joueurs, ils seront vraisemblablement cloués sur place.

22. Même un coach peut se sentir épuisé par la faute à trop de matchs et de stress. Observez et comprenez vos limites et, tout en affinant vos habiletés, prenez garde à ne pas trop vous taxer.


14. l’économie de moyens

7. Une réaction est la réponse naturelle d’un coach à la menace résultant d’une passe incisive réussie. Si votre adversaire ne réagit pas, alors il ne joue pas instinctivement. Soyez sur vos gardes car vous jouez peut-être son match pour lui.

10. Passer le ballon vers la zone d’en-but de l’équipe adverse devrait être le paramètre par défaut de tout lanceur.

11. Une passe réussie est une question de chance et, comme le pet d’un Troll, la chance peut soit perdurer ou s’arrêter sec.

17. Il y a une différence entre bouger des joueurs juste pour les bouger, et bouger des joueurs pour pousser un avantage. Une action sans avantage est un gaspillage de joueurs.

18. Le coaching viscéral blesse des joueurs; les décisions émotionnelles font perdre des matchs.

21. Une équipe détruite et reconstruite n’est pas la même équipe et n’aura jamais la même synergie. Les joueurs morts ne peuvent revenir à la vie, du moins pas aussi frais et bondissants qu’avant. Pourtant, vous devez les coacher à leur mort. Faites-le avec sagesse et pour des avantages qui en valent la peine.


15. La présence d’esprit

5. La présence d’esprit ne peut être obtenue d’Énéfel.

16. Observer requiert de la curiosité.

21. L’adversaire qui observe la situation sur le terrain avec trop de curiosité doit être distrait avec de la bière, des biscuits et d’autres trucs affriolants, et installé le plus confortablement possible dans un fauteuil. Ainsi, ses yeux perdront toute curiosité dans les détails du jeu.

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