Blood Bowl, une introduction pour le coach débutant

À Blood Bowl, tous les coachs débutent leur carrière dans l’anarchie. C’est normal car le fluff (le thème) entourant ce sport est excessif et très violent. Aussi, à peu près toutes les actions du jeu ont un seuil de difficulté, ce qui se prête bien à un festival de lancers de dés ! En prime, Il y a plus d’une vingtaine de races à jouer, toutes différentes et évidemment pas parfaitement équilibrées. Pourtant, tout débutant jouant face à un vétéran va se prendre une solide raclée. Invariablement.

C’est que même si Blood Bowl est déséquilibré et hasardeux, il n’est pas aussi anarchique qu’un débutant pourrait le penser. Avec ses centaines de coachs légendaires et ses tournois très sérieux, il offre assurément un certain équilibre de jeu laissant beaucoup d’espace à chaque coach pour exprimer son talent. Seulement et exceptionnellement, cet équilibre n’est pas au détriment du plaisir de jouer… à la condition de ne pas se prendre trop au sérieux.

L’équilibre

Pour les joueurs les plus puristes, il est souvent primordial qu’un jeu de stratégie soit équilibré car pour eux, dans une compétition, c’est l’habileté seule qui doit départager le gagnant du perdant. Les jeux conçus pour ces joueurs sont reconnaissables à leurs mécanismes bien polis qui laissent très peu de place à l’inspiration et à l’expérimentation, un phénomène surtout dû à la symétrie des forces en présence. De plus, leur rejouabilité est souvent limitée car il semble n’y avoir qu’une seule bonne manière de jouer.

À l’inverse, Blood Bowl brille par ses riches possibilités stratégiques et tactiques doublées d’une asymétrie assumée qui ne pourra jamais être vraiment bien balancée. Il est évident que certaines races sont meilleures que d’autres même si elles ont toutes leurs forces, leurs vulnérabilités et une accroche intéressante à jouer. Une fois sa race choisie, il appartient à chaque coach de l’exploiter au mieux de ses compétences. La profondeur du jeu est telle que cette exploration lui apportera de nouvelles découvertes même après des milliers d’heures de coaching.

Blood Bowl n’est pas équilibré et ça le rend meilleur. Pour plusieurs, l’un des plus grands plaisirs de ce jeu est de coacher une équipe de cascadeurs (stunty) n’inspirant aucun respect et de leur forger une réputation sur quelques saisons. Une quête de ce type emplit notre mémoire de moments spéciaux, de situations ridicules et de matchs impossibles à gagner… et nous encourage à constamment améliorer notre maîtrise du jeu.

Le hasard

Au blood bowl, chaque coach expérimente aussi le hasard et ses surprises. C’est ainsi qu’on a tous été témoin d’une équipe défavorisée s’emparant de la tête de la ligue face à un titan pourtant favori. Il n’y a rien de choquant car c’est en parfaite symbiose avec le fluff du jeu. Sur le terrain, ce hasard omniprésent (Énéfel, comme nous l’appelons) nous fait souvent douter de nos choix de jeu et nous apporte aussi des inspirations soudaines qui font de nous l’auteur de notre succès.

Le hasard crée aussi de la variété et une rejouabilité quasi infinie. Ainsi, il arrive qu’Énéfel bénisse nos joueurs d’augmentations de caractéristiques imposantes nous procurant un avantage marqué sur nos adversaires. Avec un tel talent à notre disposition, il suffit presque de présenter nos joueurs à un match pour le gagner. D’autres fois, à la tête d’une équipe négligée du dieu du blood bowl, la ligne des touchés peut sembler inaccessible derrière une défensive hermétique. La vie est injuste et le blood bowl aussi.

La compétition

Coachs débutants, si vous prévoyez réussir un parcours sans faute à Blood Bowl, vous allez rapidement déchanter ou tout bonnement craquer sous la pression imposée par l’équilibre imparfait et hasardeux de ce jeu. Si vous êtes du genre à ne pas aimer perdre, soyez avisé que dans une compétition de blood bowl, il n’y a généralement qu’un seul gagnant pour un large groupe de perdants… et que vous n’aimerez pas l’idée d’avoir « travaillé » un nombre incalculable d’heures à pimper votre équipe pour ensuite la voir échouer.

Personnellement, si j’ai joué beaucoup de compétitions sans en remporter les honneurs, je n’en ai pas perdu une seule. Je perçois plutôt ces événements formateurs comme la fin d’un chapitre dans l’histoire de mes équipes. Quand on arrête de se fixer des conditions de victoire, on se retrouve simplement avec une équipe dont il faut chapeauter la destinée, peu importe où elle nous mène.

D’entrée de jeu, coachs débutants, retenez ceci. Le moins on se stresse à gagner, le plus on trouve du plaisir dans la pratique du blood bowl.

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